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Blanc de l’ouest – Le retour du bon porc
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Le savoureux était sur le point de disparaitre, mais grâce à la passion d’une vingtaine d’éleveurs, une nouvelle vie s’est offert à lui

Noël 1987. René Chevallier le passe chez sa mère et feuillette le journal local. Une petite annonce attire son attention : “Cochettes race normande à vendre.” “Je n’en revenais pas, se souvient-il. J’étais persuadé qu’il n’en existait plus, c’est la race que mes parents élevaient quand je travaillais à la ferme avant de devenir ouvrier.

Je me suis donc rendu chez l’éleveur en question et ai acheté deux de ses cochettes, de jeunes truies. Quelques semaines plus tard, j’y suis retourné et en ai repris deux. Et deux mois plus tard, j’ai trouvé un verrat de la même race à Cherbourg, en Normandie.”

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Le début de la renaissance du porc blanc de l’ouest

La première raison de cette renaissance :
La race normande, hybridée par accouplement en 1958 avec la race craonnaise (celle qui donnait le jambon blanc fabriqué à Paris), est celle qui a donné naissance à une seule et unique race: le blanc de l’Ouest.

La deuxisème, les cochons de René, qui auraient pu disparaitre, proviennent d’éleveurs âgés sur le point de prendre leur retraite. Enfin, ils n’en subsistaient à l’époque qu’une poignée dans tout l’Ouest.

 

200 races il y a 200 ans

“Sur les 200 races de cochons locales existant il y a 200 ans sur tout le territoire, il n’en existait plus que cinq en 1990, selon une étude que l’Europe a commandée à l’Institut Technique du Porc : le noir de Bigorre, le corse, le limousin, le bayeux et….le blanc de l’ouest. Mais à l’instar du porc basque, l’espèce de l’Ouest était en voie de disparition : il restait environ 70 truies et une poignée de verrats, l’ensemble conduit par trois à quatre éleveurs dans tout le grand ouest de la France.
Plus grave encore: le dernier éleveur-sélectionneur de cette race, installée en Bretagne, cessait son activité. Malgré la réception des résultats de cet inventaire, l’Europe ne fait…rien, hélas !

 

Sur le terrain, en revanche, on prend conscience du danger qui pèse sur la race. René, tout en débutant son élevage, commence à faire se développer les synergies entre passionnés de la race.

Avec une poignée d’autres exploitants agricoles, il crée le Syndicat des éleveurs de porc blanc de l’Ouest. Parallèlement, l’Institut technique du porc délègue un ingénieur et un technicien de terrain pour inventorier tout ce qu’il reste des populations dans les cinq races de porcs anciennes.
Enfin et, surtout, l’Institut national de la recherche agronomique révèle au grand jour qu’elle a congelé le sperme d’une quinzaine de verrats blancs de l’Ouest en 1970. Une formidable nouvelle pour le renouveau de la race. Un lot est décongelé, le sperme est inséminé dans quatre truies en chaleur bien conformées. Huit mois plus tard, plus d’une vingtaine de porcelets voient le jour.

 

Source : Patrick Revet - Le chasseur français
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